Le programme Slime, un levier pour renforcer le recours au chèque énergie

Dans la Nièvre, le Pays Messin et à Grenoble – trois territoires engagés dans le Slime – le fait partie intégrante du diagnostic socio-technique réalisé à domicile. Les ménages éligibles bénéficient d’un accompagnement renforcé pour rétablir leurs droits.
Son montant varie entre 48 et 277 euros. Malgré la flambée des prix de l’énergie, le chèque énergie n’a pas été revalorisé depuis 2019. « 48 euros, c’est dérisoire. Sur une facture de régulation à 500 ou 600 euros, cela ne permet pas de soulager sa situation », pose Aurélie Boguet, conseillère en précarité énergétique à l’Agence locale de l’Energie et du Climat de la Nièvre pour le Slime porté par le SIEEEN (Syndicat Intercommunal d’Energies, d’Equipement et d’Environnement de la Nièvre). Créé en 2018 pour aider les 5,7 millions de ménages éligibles (revenu fiscal inférieur à 11 000 euros pour une personne seule) à payer leurs factures d’énergie, le chèque énergie a connu des réformes successives.
Plus de 82% de non recours
2024 signe la fin de son envoi postal automatique : les nouveaux entrants dans le dispositif doivent désormais se déclarer sur un site internet. « Les gens n’étaient pas au courant de cette démarche à réaliser en ligne ou n’ont pas réussi à la faire seuls », signale Aude Mingam, chargée de mission et d’accompagnement au Centre communal d’action sociale de Grenoble. « En zone rurale, les ménages âgés sont éloignés des démarches administratives et d’internet », confirme Aurélie Boguet. Si le chèque est bien délivré aux 3,8 millions de bénéficiaires de 2023, les foyers nouvellement éligibles sont les grands oubliés. Fin décembre, sur un million de demandes attendues, 176 000 ont été réalisées selon un rapport du Sénat (soit un taux de recours de 17,6%).
En 2025, le gouvernement généralise cette inscription sur un portail dédié. Les plus de 1,7 million de bénéficiaires potentiels doivent y renseigner leur numéro de PDL (point de livraison électrique) et leur identité fiscale. Cette année-là, à Grenoble, 60% des 200 ménages accompagnés dans le cadre du Slime étaient éligibles au chèque énergie. « Un gros tiers ne l’a pas reçu, ni automatiquement, ni n’a amorcé la démarche de recours », chiffre Aude Mingam. Car bien souvent, certains ne savent pas qu’ils y sont éligibles, ignorent l’existence de cette aide ou la marche à suivre pour en bénéficier.
Détecter et guider
Dans le cadre du Slime, les visites à domicile permettent de faire le point sur la situation de chacun. « La personne est-elle éligible ? Si oui, a-t-elle bien reçu le chèque et utilisé ? », résume Aurélie Boguet. Dans la Nièvre et le Pays Messin, les ménages sont invités à prendre rendez-vous auprès des maisons France Service ou à se rapprocher des travailleurs sociaux pour s’inscrire sur la plateforme numérique et réunir les pièces nécessaires à l’étude de leur dossier. « Parfois, il manque un document ou il n’est pas conforme, explique Aude Mingam, qui épaule les bénéficiaires grenoblois dans leurs démarches. Il arrive aussi que le point de livraison ne soit pas reconnu par le système informatique. « Cette entrave au recours pourrait être évitée avec un système informatique adapté à tous les territoires, estime-t-elle. Lorsqu’on constate la non-réception, on s’accroche pour que cela aboutisse, quitte à faire plusieurs rendez-vous. »
Sitti Soibaha, chargée de mission précarité énergétique à l’ALEC du Pays Messin pour le Slime de l’Eurométropole de Metz, se remémore une personne en situation de grande urgence. « Ses velux ne se ferment plus et son système de chauffage est défectueux. Elle s’est inscrite trop tard et ne l’a pas reçu », retrace-t-elle. Et pour cause : en 2025, la campagne d’envoi des chèques est décalée d’avril à novembre. « La période de recours a été beaucoup plus courte », précise Aude Mingam. Selon le baromètre 2025 du médiateur national de l’énergie, ce report de versement a aggravé la situation de six foyers du dix. Pour 35% d’entre eux, ce retard a induit des difficultés de paiement, une coupure d’énergie ou une réduction de puissance (10%).

« Une aide primordiale »
Mince filet de sécurité d’urgence à destination des plus démunis, le dispositif ne cesse d’être détricoté. En 2026, la baisse de crédits alloués au chèque énergie fait courir le risque d’une aggravation de la précarité énergétique. L’an dernier dans la Nièvre, 67% des 100 personnes accompagnées dans le cadre du Slime étaient éligibles au dispositif. Parmi elles, 75% ont réalisé la demande, en ont bénéficié et fait usage pour payer leurs factures d’énergie. « Pour faire face au coût d’augmentation de l’énergie, le chèque énergie est primordial. Son montant devrait être multiplié par cinq », soutient Aurélie Boguet.
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